Conférence


 donnée  à  Salsomaggiore  Italie   le  4 mars 2003

Sujet : « le noodrome »

« J’ai une araignée au plafond »

 

Mesdames ,Mesdemoiselles ,Messieurs,

            

Je commencerai par une pensée et   un hommage à Lucien Lévy, Psychiatre, psychanalyste qui vient de nous quitter, décédé en décembre 2002.

Il était et reste président d’honneur de l’ AEP, et président de l’Académie Interdisciplinaire Européenne des sciences.

En tant que membre français de  l'Association  européenne de Psychanalyse, je me dois d’apporter notre contribution à la recherche commune dans toutes ses variétés explorées après Freud  par Jung, Lacan, Mélanie Klein, sans oublier, par la bande, le suisse Piaget, psychogénéticien et c…

Evidemment en tant que français cartésien aux idées dites claires et distinctes, je me dois de parler d’une nouvelle tendance dénommée le « noodrome ».  Comme la psychanalyse est aussi et pas seulement une psychothérapie, je  dirais volontiers et avec un sourire en style journalistique :

« J’ai une araignée au plafond » ; c’est-à-dire le « web », un réseau informatique et logique dans mon cortex cérébral. C’est tout un programme de recherche ! une révolution !

De quoi s’agit-il ? Actuellement les progrès de l’électronique informatique nous ont conduits aux merveilles de la « numérisation ». On numérise tout : laTélévision, la vidéo, la photographie, le cinéma, l’échographie…Ainsi une image visuelle numérique ; elle est beaucoup plus fine et belle qu’une image analogique. L’audiovisuel numérisé est relayé par satellite et couvre comme une toile l’univers entier, l’espace-temps, jusqu’au « big bang » ancien de près de 15 Milliards d’années-lumière. La télévision vient de nous montrer une image de cet univers primitif.

La numérisation était déjà bien inaugurée depuis longtemps par les Egyptiens,les Grecs (Pythagore, Euclide, Archimède) améliorée par Descartes, Newton…

Ainsi c’est le rôle de la géométrie analytique de numériser ses figures et ses formes. En somme la science et la technique se constituent et progressent toujours par « numérisation ».

Restent les sciences humaines qui sont historiques, linguistiques et psychiques.

En leur centre : la psychanalyse.

Que fait la psychanalyse ? Elle tente de « traduire » le langage obscur, refoulé et masqué du « psychonévrosé ». L’analyse est une traduction grâce à une  grammaire et un vocabulaire du « ça » inconscient  que parlent le psychanalyste et le psychanalysant. Pour cela l’analyste manipule des concepts :de  pulsions, de moi, de surmoi, (narcissisme), d’objet, de complexe d’Oedipe, de castration, d’archétype, de transfert, de contre-transfert, etc…

Or il se trouve que tous ces concepts peuvent être exprimés au moyen de symboles, de « lettres » et d’ <<opérations>> logiques : et, ou, non ; et donc numérisables  en algèbre logique. Voilà ce que veut réaliser le noodrome :le chantier est ouvert. La neurologie du cerveau  doit rechercher comment les synapses de milliards de neurones  effectuent les combinaisons, les « molécules géantes » psychobiochimiques qui permettent les états et les mouvements de la conscience. Ces combinaisons ou liaisons sont finalement et tout simplement des « et, ou, non » :conjonctions, disjonctions, négations.

On pourrait dire, par comparaison : de même que la médecine exige du praticien une connaissance parfaite de l’anatomie, de la physiologie, et de la pathologie, de même la psychanalyse exige  du praticien   la connaissance du Noodrome cérébral de son fonctionnement et de ses ratés.  « J’ai une araignée au plafond » !

On se demande :la psychanalyse du <sujet> inconscient est-elle une science ?

On peut répondre : oui, à condition de la « fonder » sur une logique. Cette logique est dialectique, car le « sujet » qu’on étudie est le ça, l’inconscient  qui  est contradictoire comme  la matière première en puissance à  toutes  les   formes    contraires     (comme disait Aristote). On pourrait dire que le cerveau est la matière prenant conscience d’elle même dans sa contradiction.

Paul  Duponchel