CONFERENCE LE JE DE BOOLE REVE Fidenza, le 26 mai 2007 /1
Notre guide est
évidemment
C’est la bible des psychanalystes, ouvrage difficile, de recherche, plein de contradictions, de questions,
d’idées, de récits de rêves. Toute l’œuvre écrite de Freud est le commentaire, le développement,
le dépassement, l’enrichissement de Die Traumdeutung, notamment par la théorie des 3 instances.
Notre commentaire actuel est lui même tributaire de Jung, Piaget, Lacan, et M.Klein.
Il est édité sur notre site <noodrom.net>, pratiqué et enseigné dans le ressort de Montpellier à
Commençons par la lecture de 3 rêves personnels :1/ d’examen ; 2/ du chef de gare ;3/ du chat-serpent.
Rêve d’examen
Une salle d’examen. Je suis devant un livre : un recueil de petits problèmes de physique du niveau de 3ème. Il est pour moi très important que je les résolve et je n’y arrive pas. J’ai souvent des rêves où
je n’arrive pas à résoudre des problèmes de math ou de physique. Je m’absente quelques minutes et à
mon retour le petit livre a disparu. Je suis angoissé, le temps passe et je n’avance pas. Je suis bloqué.
Il y a autour de moi tout un tas de gens que je reconnais dans le rêve, mais que je ne puis évoquer maintenant éveillé. J’ai l’impression que ce rêve n’est qu’un tout petit morceau d’une longue suite
d’évènements.
Dans une gare
Il y a de nombreux et grands étages, comme si la gare était construite à flanc de montagne. Un employé
(chef de gare ?) me fait prendre un ascenseur où je suis assis derrière lui,assez loin de lui, et plus bas que lui. J’avais confié à un employé de cette gare une sacoche et ils refusent de me la rendre en exigeant que je prouve qu’elle est bien à moi. Ils regardent pour vérifier ce qu’il y a dans la sacoche, et je leur dis quelque chose du genre : je ne sais pas très bien ce qu’elle contient, je ne vois pas l’intérêt à y prêter attention.
Le chat-serpent
J’étais avec O, je ne sais pas où…dans un grande maison, avec plein de monde dans toutes les pièces.
mais je ne me rappelle que de femmes. Aucun visage connu.
Puis un chat est arrivé, très grand et au lieu de pelage, il avait une peau de serpent.
Pourtant il ne faisait pas peur ; il avait l’air gentil, adorable,
et au moment où je m’extasiais sur lui, sa beauté…
O en une fraction de seconde l’attrape et l’instant suivant le chat était en 2 morceaux
qui gigotaient, c’était horrible.
Plan de l’exposé 2/ 1/ le rêve est accomplissement d’un désir incluant le désir de dormir.
2/ le rêve est le résultat d’un travail selon 4 processus :condensation, déplacement, figuration, élaboration secondaire.
3/ le rêve est une régression à l’enfance.
le rêve est la voie royale d’accès à l’inconscient.
1/ Accomplissement d’un désir.
Or quel est le désir fondamental du sujet inconscient ? Un acte d’amour total que réalise la jouissance
sexuelle,l’orgasme qui est le top niveau de la conscience. Sans exagérer il y a un érotisme de base. Soit !
Mais la vie humaine a besoin de dormir disons un tiers de temps dans une journée de 24 heures.
Le rêve a pour fonction de garder le sommeil. La vie éveillée est occupée, préoccupée par la nécessité d’un travail, dans le champ social et économique où l’on se trouve. Le rêve permet au sujet comme un retour à l’essentiel, à la vie profonde, à l’enfance, au repos. Triomphe du moi imaginaire sur un surmoi symbolique, qui tous deux émanent du ça.
Il y a une contrariété entre le sommeil où l’on rêve et l’éveil où l’on perçoit, veut et agit. Le problème est de détourner le moi du désir d’amour en, le masquant, le leurrant, le détournant vers des substituts, en déformant ses expressions. Comment cela est-il possible ? Quel est le travail de l’inconscient ?
Freud parle d’un monde d’objets partiels, de structures psychiques inconscientes qui foisonnent dans le rêve latent d’où sort le rêve manifeste conscient. Cet univers a trois aspects distincts et cependant unis se
correspondants entre eux selon l’instance qui gouverne avec ses lois spécifiques : en somme on postule trois hypothèses : le ça est logique, le moi est imaginaire, le surmoi est symbolique.
Dans
Les trois univers : logique, imaginaire, symbolique sont comme 3 claviers d’un orgue modulant des timbres différents. Ils se correspondent mais se distinguent, permettant la production de rebus .
Freud parle d’une transcription, d’une traduction des pensées du rêve dans un autre, ou deux autres modes d’expression comme des hiéroglyphes avec leurs signes et leurs règles. Dans ce contexte nous faisons l’hypothèse à discuter, à vérifier, et à utiliser avec prudence, que ces hiéroglyphes sont un ensemble de
groupoïdes logiques composant des variables x, y, z, etc. au moyen de métaopérateurs étudiés par
Piaget :* et #. * représente : ∧,∨,¬ (et,ou,non) ; # représente : =,w (égal,non égal).
Ces groupoïdes sont régis par la logique symbolique créée par l’anglais George Boole éditée en 1854
sous le
titre :<An investigation into the Laws of thoughts>.
Cette symbolique est l’expression de la logique contradictoire du ça qui nous fait penser à la :
<Rivoluzione cifrematica> de l’italien Armando Verdiglione (Bologne 1990)
Cette révolution est sous nos yeux l’explosion informatique qui comme une toile d’araignée recouvre le monde, communication par internet sur le web .Les informaticiens savent bien que le langage HTML international de la programmation est un arbre logique de Boole.
On peut maintenant affirmer que toutes les langues, tous les codes phonétiques ou graphiques, toutes les
structures de communication, sont constitués par des images d’origine sensorielle (la perception) et
construits comme des arbres selon le modèle du neurone et du système nerveux. L’entrée sensorielle
externe est une conjonction, comme les racines, nourrissant le tronc, d’où sortent les sens internes en
disjonction comme les branches se subdivisant en deux jusqu’aux feuilles.
L’homme est un arbre. Archétype jungien , le mythe biblique de l’arbre de la connaissance du bien et du mal représente le sujet-objet de la psychanalyse. Tous les symboles ont leur image. Toutes les images ont leur symbole. Symbolique et imaginaire sont de arbres logiques.
Alors comment le je de Boole rêve 3/
Comment le je fait-il son cinéma ?
Sous l’empire du sommeil, replié sur lui-même, comme coupé du monde réel.
L’image de rêve est définie par : -x ∨ -y (incompatibilité :symbole | )
ce qui signifie disjonction de négations, d’absences : sommeil
par opposition à l’image de perception définie par : x ∨ y :alternance de présences : éveil.
L’image onirique véhicule les objets à distance (vus ,ouïs,) elle exclut le contact qui réveille.
L’étude du rêve va révéler l’association apparemment très libre de n’importe quoi avec n’importe quoi
comme des rebus avec renversement de toutes les valeurs mais à 2 conditions complémentaires :
1/ accomplissement d’un désir ; 2/ protection du sommeil par censure du désir d’amour.
Je vous prie d’excuser l’aspect un peu technique de ce qui va suivre si l’on veut suivre Freud dans ses
développements assez complexes.
Pour comprendre les 4 processus du rêve selon Freud, on peut partir de ce que les logiciens appellent des déclinaisons et des conjugaisons.
Partons d’un phénomène psychique affectif :des pulsions (émotions, passions…)
Quand on espère, on désire, on craint, on est audacieux, agressif même,on désespère, on rejette, on jouit d’avance, on souffre, on aime, on vit, on hait, on meurt déjà ! c’est fou, c’est beau, c’est l’amour. .Déclinaison dans un champ de course : l’érodrome . Scenario : drame en plusieurs actes.
Définition :1/ la déclinaison est le processus, le mouvement en lequel se compose, se multiplie de manière complète, exhaustive, tous les cas ou variations d’une structure logique de n variables (x,y,z,u,) en fonction des 3 opérateurs logiques (booléens : et, ou, non : ∧, ∨, ¬).
On les réunit en un seul métaopérateur * (étoile à 6 branches absente du clavier de l’ordinateur !)
Ce symbole crée une homologie dans le champ des expressions logiques.
L’homologie fait penser un peu à ce que Freud nomme un nœud, un moyen terme !
Exemple logique : soit la structure :P*(Q*R). On peut la décliner par variation soit des lettres, soit des
opérations qui les combinent.
Variation de position des lettres : x,(y,z) ; y,(x,z) ; z,(x,z) : 3 sous-groupes.
Variation opératoire : par exemple de x,(y,z) : on
trouve 16 éléments :x∧(y∨z), x∧(y∨¬z), x∧(¬y∨z) etc
2/ la conjugaison est une déclinaison en fonction des transformations de Piaget dites INRC qui permettent de créer des liaisons entre les groupes c’est-à-dire de former des intergroupes dans
une autre homologie avec sousgroupes et éléments.
Ces déclinaisons et conjugaisons apparaissent dans les Tableaux de Piaget : (/TP/n) à n variables.
Reprenons la 1ère opération onirique selon Freud.
La condensation du rêve est une compression, une réduction, une sélection. Passage du multiple à l’un
elle implique une déclinaison de groupe ou une conjugaison d’intergroupe.
Décliner décompose l’un en multiple ; condenser recompose le multiple en un.
Si l’on décline un groupe on décrit des sous-groupes et les éléments de ces sous-groupes.
Ce qui signifie qu’on isole des parties spécifiques et des parties élémentaires.
On pourra donc les utiliser séparément ,faire ce que Freud appelle l’omission, bien qu’elles continuent
à appartenir à un tout et les représenter comme en métonymie dans l’inconscient.
Le déplacement ou transfert est une conjugaison régie par l’homologie de transformation piagétienne
INRC :identité, négation, réciproque, corrélation. La réciproque correspond à la lecture à l’envers ou
palindrome (verlan). La corrélation est la négation de la réciproque. Le processus freudien de transfert
met en jeu le métaopérateur logique nommé # :(=,w) .Il permet la composition des intergroupes plus
complexes.<Un déplacement sert la condensation> dit Freud.
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Les processus 1/ condensation et 2/ déplacement sont les conditions de 3/ figuration et 4/ élaboration secondaire
La figuration est la traduction :de la condensation et du déplacement du rêve inconscient latent
en rêve manifeste. C’est donc le passage en va-et-vient du moi imaginaire au moi symbolique.
L’élaboration secondaire est la censure, le passage de la traduction à la trahison ou proche du latin à la tradition (qui livre Jésus à Pilate !).La censure par le surmoi corrige le moi en construisant un fantasme : objet total, composite, étayé, surétayé, surdéterminé, qui bruyant a la propriété en mobilisant l’attention
de cacher, masquer, faire son cinéma pour garder le sommeil du juste.
Exemples dans nos rêves : le chef de gare dissimule une homosexualité,
le chat-serpent si joli, coupé en 2, est castré.
Fantasmes célèbres : l’homme au rats, le cheval blanc du petit Hans…
Ainsi le jeu de Boole fait son cinéma.
Le cinéma pour évoquer le nazisme fait entendre l’ouverture de Tan Hauser de Wagner.
Die Traumdeutung n’est-elle pas une école de formation pour la cinématographie (pas)si éloignée de la pornographie avec ses déclinaisons et ses conjugaisons monotones.
Pour finir admirons comment le surmoi arrive à représenter les relations logiques les plus variées.
Par ex dans le rêve d’examen : ne pas arriver à faire quelque chose est l’expression de la contradiction, du non.
La causalité est représentée par la succession de deux rêves : un prologue assez court suivi d’un rêve plus long.
En perspective finale : Freud a écrit :<<Le rêve serait un substitut d’une scène infantile modifié par le transfert dans un domaine récent>>
<<Derrière cette enfance individuelle, nous entrevoyons l’enfance phylogénétique, le développement
du genre humain dont le développement de l’individu n’est en fait qu’une répétition abrégée, influencée par les circonstances fortuites de la vie. Nous pressentons tout la justesse des paroles de Nietzsche, disant que<<dans le rêve se perpétue une époque primitive de l’humanité>>L’analyse nous permet de connaître
l’héritage archaïque de l’homme, de ce qui est inné. Rêve et névrose nous ont conservé la préhistoire de l’esprit.>>
Paul Duponchel
Remarque à passer :Dans le déplacement il y a à la fois composition ou décomposition de groupe ou d’intergroupe : exemple : Œdipe complet nommé : (x=y)=(z=u)
peut être décomposé par conjugaison en 32 éléments du SIG fondamental (SIG :sousintergroupe)